Jean-Luc Simard : une histoire d’équipe

UN TÉMOIGNAGE DE JEAN-LUC SIMARD

Jean-Luc Simard est co-propriétaire des cliniques PhysioExtra de Pointe-aux-Trembles et Repentigny, mais avant tout, c’est un technologue en physiothérapie passionné avec 36 ans d’expérience derrière la cravate. Après plus d’une année à naviguer à travers 3 vagues de COVID-19, le gestionnaire et praticien est fier d’avoir mené ses équipages à bon port. Mais sans eux, croit-il, l’histoire serait bien différente aujourd’hui.

«Dans une société on valorise beaucoup nos dirigeants, mais on a juste l’importance qu’on nous accorde. Imaginez si les équipes s’écroulent, on sert à quoi? Ils ont tenu», souligne M. Simard.

Un dénouement inespéré, puisque les débuts de la pandémie n’annonçaient rien de bon pour les physios du Grand-Montréal.

Le 12 mars 2020, M. Simard a vu tous ses repères tomber. En tant que technologue, il a dû trouver une manière d’assurer le suivi de ses clients, qui ne pouvaient plus le visiter. Et en tant que directeur d’équipes, il devait s’assurer de supporter ses employés qui ont vu leur quotidien chamboulé.

«Quand l’avion se construit en plein vol, il faut absolument avoir les assises solides. J’ai voulu rassembler et donner une direction dans toute cette incertitude», affirme-t-il.

Rapidement, le directeur s’est mis au travail. En collaboration constante avec PhysioExtra, M. Simard a misé sur un système de communication Zoom permanent avec ses employés. Des formations technologiques ont également été offertes pour continuer l’accompagnement des clients.

«On ne voulait pas perdre notre cohésion, il fallait toujours être présent. La communication, c’est le nerf de la guerre. Les gens avaient besoin de comprendre et avaient besoin de l’information valide et en temps réel compte tenu de la multitude de sources auxquelles ils étaient exposés».

Pour Jean-Luc Simard, la bienveillance entre les employés était primordiale dans ce contexte de crise. L’apprentissage en accéléré allait forcément engendrer des erreurs, et c’est une réalité qu’ils devaient accepter. Ensemble, ils ont tâché de s’épauler dans cette tempête.

Mais le gestionnaire en lui était conscient du défi financier et psychologique qui guettait ses troupes, et donc, il a tenté d’incarner un pôle de soutien important pour eux.

«On donnait les grandes lignes pour les subventions salariales et on s’assurait que tout problème soit pris en charge. À présent, mon équipe a énormément évolué, elle est plus solidaire que jamais».

Grandir ensemble

M. Simard est fier de ses équipes et du chemin qu’elles ont parcouru. La pandémie, remarque-t-il, a eu un effet saisissant sur la sensibilité de ses employés à l’égard de la santé mentale de leurs collègues. Entre eux, ils font preuve d’indulgence et ont une approche consciencieuse «beaucoup plus apparente» qu’auparavant.

De retour au travail en présentiel, le technologue en physiothérapie de 56 ans s’est ajusté peu à peu à la nouvelle réalité. Les mesures de protection sanitaires et la désinfection s’ajoutent à la charge de travail habituel. Mais c’est le côté «chaleureux» de ses interventions dont il s’ennuie davantage.

«La protection individuelle nous prive d’un contact avec les clients d’un niveau non verbal, 80% de l’information est non verbale. Avec la désinfection, on a moins le temps de jaser au début et à la fin, c’est un peu moins chaleureux».

Avec des clients de plus en plus anxieux, parfois lassés d’attendre après des chirurgies sans cesse repoussées, M. Simard se fait un devoir d’offrir un temps d’écoute de qualité à chaque client. Son travail est différent, certes, mais il conserve l’espoir d’un jour retrouver un nouvel équilibre.

«Il y aura plus de technologie probablement, et peut-être que nous aurons des deuils à faire. Mais l’être humain s’est toujours adapté, et moi, je garde espoir».

Xavier Bourassa

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