Quand les données internationales confirment ce que nous observons déjà au Québec, il faut passer des projets novateurs aux changements durables.
Une importante
étude publiée dans The Lancet apporte de nouvelles données en faveur de l’intégration des physiothérapeutes en première ligne dans les urgences.
Menée auprès de 1 475 personnes dans cinq urgences australiennes, l’étude RESHAP-ED démontre qu’une prise en charge menée par des physiothérapeutes pour certaines conditions musculosquelettiques permet notamment de réduire le temps d’attente et la durée du séjour à l’urgence, tout en maintenant des soins sécuritaires et des résultats cliniques comparables. Surtout, l’étude conclut que ce modèle pourrait présenter un meilleur rapport coût-efficacité que les soins usuels.
Ces résultats font directement écho aux travaux réalisés ici même, au Québec.
L’étude menée au CHU de Québec–Université Laval avait déjà démontré plusieurs bénéfices de l’accès direct à la physiothérapie à l’urgence : moins de re-consultations, moins de médicaments d’ordonnance et moins d’examens d’imagerie, en plus d’une grande satisfaction des patients. Les travaux économiques réalisés par la suite vont eux aussi dans le sens d’un modèle efficient et d’un potentiel d’économies lorsque les physiothérapeutes peuvent prendre en charge directement les personnes présentant certaines conditions musculosquelettiques.
Deux systèmes de santé différents, des études réalisées à des milliers de kilomètres de distance, mais un constat qui converge : mieux utiliser l’expertise des physiothérapeutes peut améliorer l’accès aux soins tout en utilisant plus efficacement les ressources du système de santé.
En pleine campagne électorale québécoise, ces résultats devraient nous interpeller collectivement. Alors que l’accès aux soins et la pérennité financière de notre système de santé sont au cœur des préoccupations, nous disposons déjà de modèles de soins étudiés ici et ailleurs qui permettent un meilleur accès de qualité.
L’AQP invite les partis politiques et les personnes candidates à aller au-delà des projets ponctuels et à proposer des changements structurants et pérennes permettant aux physiothérapeutes d’occuper pleinement leur rôle en première ligne, aux urgences comme ailleurs dans le réseau.
Notre administrateur Simon Lafrance a d’ailleurs cosigné avec le Dr Simon Berthelot un éditorial dans The Lancet portant sur cette nouvelle étude et ses implications. L’AQP vous invite à le lire.
Les données s’accumulent. Les modèles existent. Le Québec possède l’expertise. Il est maintenant temps de passer à l’action.