Solidarité gaspésienne

UN TÉMOIGNAGE DE MEGAN BRASH

Si la vague de COVID-19 semble avoir relativement épargné la Gaspésie pour l’instant, plusieurs redoutent que les régions québécoises subissent le réel impact de la pandémie un peu plus tard. N’empêche que des professionnels de la santé du coin prennent actuellement toutes les précautions afin de minimiser les risques de contamination. Megan Brash, jeune thérapeute en réadaptation physique (T.R.P.) à la clinique externe de physiothérapie de l’hôpital Chandler et pour la compagnie Service d’Électro-Thérapie (SET), croit que les pratiques de physiothérapie du moment risquent de forger l’avenir du métier.

« Cette crise-là va permettre aux professionnels de la physiothérapie de responsabiliser et conscientiser davantage les patients sur l’importance de leur implication dans leur réadaptation », affirme-t-elle d’emblée.

Grâce au télétravail, aux capsules vidéo sur YouTube et aux appels téléphoniques, Megan Brash et ses collègues arrivent à suivre et traiter leurs patients. Et les résultats, semble-t-il, sont absolument étonnants. « Avant la crise, je devais motiver beaucoup plus les patients. Avec la situation actuelle, ils n’ont pas le choix d’embarquer. On voit tellement de succès ces jours-ci dans la réadaptation, c’est super beau », témoigne-t-elle.

Celle qui a gradué en 2016 du centre matapédien d’études collégiales croit que la prise en main de ses patients est en partie due aux nouvelles méthodes d’intervention, mais aussi en raison de leur crainte d’aboutir à l’hôpital en pleine pandémie. « Nos patients, majoritairement âgés de plus de 60 ans, prennent la situation au sérieux. Ils ont eu l’information adéquate et tiennent à ne pas se mettre à risque », affirme-t-elle. « Ils sont capables d’avancer et cheminer par eux-mêmes à partir de la maison. Je vois des résultats très positifs, pour la confiance entre autres », conclue-elle.

 

Gestion en région

Évidemment, les services de santé de la Gaspésie ne peuvent être pratiqués de la même manière qu’à Québec et Montréal. Le territoire est plus grand, la population est beaucoup moins dense, et les soins de santé offerts sont moins variés. Cependant, Megan Brash assure qu’avec une approche attentive et une polyvalence typiquement régionale, ses collègues et elle arrivent à subvenir aux besoins de la population en temps de pandémie.

« On fait vraiment de tout étant donné qu’il y a moins de personnel. Chaque jour on s’adapte. Nous sommes prêts à offrir notre aide aux autres départements », confie-t-elle.

Lorsque le gouvernement provincial s’est mis à insister sur les mesures de distanciation sociale, ses collègues et elle ont immédiatement tenu à rassurer leurs patients. « On a pris notre liste d’attente en physio, et on s’est donné comme mandat de téléphoner chacun des patients pour s’assurer qu’ils ne soient pas en détresse ou en situation où ils mettraient leur vie en danger. C’est de s’assurer que les ainés soient en sécurité dans leurs maisons. Et si situation d’urgence il y a, nous nous déplaçons en suivant les directives d’intervention adéquates », résume-t-elle.

 

Assouplissement du règlement

L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec annonçait le 8 avril un assouplissement de l’article 4 du règlement 94M dans le but de « faciliter l’accès aux soins de physiothérapie en temps de pandémie ». Cette mesure facilite la prise en charge des patients (de type 1 et 2) par les thérapeutes en réadaptation physique. Megan Brash croit que cette initiative est tout à fait adéquate : « C’est quelque chose de bien pour la crise. Certains patients, surtout les ainés, pourront être pris en charge plus rapidement ». Même si ces changements ne pourraient-être que temporaires, la jeune femme est optimiste pour le futur. Avec la vague dévastatrice de COVID-19 qui menace de se propager partout dans la province, il est à parier que les patients de Megan Brash sont rassurés de l’avoir de leur côté.

 

Xavier Bourassa

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