Une approche contagieuse : la yogathérapie

UN TÉMOIGNAGE D’EMMANUELLE RIVEST-GADBOIS

« La crise n’est pas comme une maladie dont on ne peut sortir : elle est comme une sorte de nouvelle naissance ! », disait l’ancien Premier ministre français Pierre Mauroy. À partir de sa clinique résidentielle à Coteau-du-Lac, en Montérégie, Emmanuelle Rivest-Gadbois tente par tous les moyens de rassurer ses patients. Fondant son approche sur les principes de la yogathérapie, la physio de 15 ans d’expérience présente la situation actuelle comme une opportunité en or.

 

L’occasion est singulière. Voilà plus de 20 ans que les Québécois n’ont pas été forcés au confinement, la dernière fois remontant à la crise du verglas de 1998. Pour Emmanuelle Rivest-Gadbois, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété dans ces circonstances exceptionnelles. Cependant, l’approche que chacun adopte face à cette pandémie est cruciale. « C’est vrai qu’il y a beaucoup de négatif, mais il y a également du positif dans tout ça ; il y a de beaux côtés !», affirme-t-elle en faisant référence aux nouvelles possibilités qui s’offrent aux gens. Pour affronter cette tourmente, Mme. Rivest-Gadbois a généreusement accepté de révéler deux de ses conseils les plus précieux :

« Ce qui m’aide et qui aide beaucoup mes patients, c’est d’essayer de prendre des moments pour exprimer la gratitude ; pour ce qu’on a et pour ce qui est beau dans la vie », confie-t-elle.

À titre d’exemple, celle qui a complété sa formation en gestion de douleurs chroniques à l’Université McGill en 2016 parle du ralentissement du rythme de vie, d’être capable d’aller prendre des marches, de se reposer et de passer du temps en famille. « Il y a aussi la possibilité de passer du temps avec son conjoint, même si ce n’est pas toujours une bonne nouvelle ! », ajoute-t-elle à la blague.

 

Me, myself and I

« Aide-toi et le ciel t’aidera », écrivait Jean Lafontaine en conclusion de sa fable Le Chartier embourbé. Dans cette même optique, Emmanuelle Rivest-Gadbois suggère à ceux souffrant d’anxiété de prendre des moments pour eux :

« Il faut se concentrer sur ce qu’on peut contrôler. Ne pas mettre nos sentiments de côté, mais essayer d’observer les signaux de notre corps. Il faut tenter de calmer notre rythme respiratoire », indique-t-elle.

Ayant elle-même ressenti sa part d’angoisse depuis le début de la pandémie, et avec l’énorme perte de revenus qui y était attachée, Mme. Rivest-Gadbois avoue avoir usé de ses fameuses techniques de respiration : « Je suis mère de famille et je dois dire que je trouve très utile d’avoir les outils de la yogathérapie dans ma poche ».

En ces temps de pandémie, Mme. Rivest-Gadbois est impressionée par l’ouverture d’esprit de sa clientèle ainsi que de sa capacité à appliquer ses enseignements.

Le côté humain

Pour aider sa clientèle, Emmanuelle Rivest-Gadbois essaie d’être disponible du mieux qu’elle le peut. Elle affirme vouloir accompagner ses patients dans cette dure épreuve, alors que « tout le monde a une réponse augmentée au stress ». Apparemment, plusieurs vivraient de la solitude également. Ces derniers, cependant, ne manquent pas d’occasions pour la remercier :

« Ils m’écrivent des petits mots, je crois que plusieurs s’ennuient de la proximité que nous avions. Les gens ont de la compassion, ils me posent des questions par rapport à ma situation. C’est beau de voir l’humanité dans tout ça !», confesse-t-elle.

À partir de sa petite municipalité de presque 10 000 habitants, Emmanuelle Rivest-Gadbois transmet à ses patients sa sérénité contagieuse. Et lorsque ces derniers sentent l’anxiété étouffer leur bonne volonté, elle leur donne un conseil tout simple : « respirez » !

 

Xavier Bourassa

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